La mécanique du verre devient transparente

Le Larmaur étudie la fragilité du verre

A l'Université de Rennes 1, le Larmaur étudie le comportement mécanique de matériaux fragiles, comme le verre. Ses recherches révèlent les multiples facettes du verre - un matériau fragile, mais plein d'avenir.

Nicolas Guillas

Comment va réagir le hublot en verre, sur le caisson d'une caméra sous-marine ? Ce problème concret, le Larmaur (1) l'a abordé en 2004, pour l'Ifremer. « Nous avons expliqué pourquoi l'un des types de hublot, utilisé pour leur caisson sous-marin, se fissurait, explique Tanguy Rouxel, le directeur du Laboratoire». Spécialisé dans l'étude du comportement des matériaux fragiles, le Larmaur s'intéresse aux propriétés mécaniques du verre. « L'un de nos objectifs est d'améliorer les produits verriers, pour les rendre plus performants. Par exemple, pour qu'ils deviennent moins rayables ou qu'ils soient moins altérés par l'environnement ».

L'équipe répond à des problèmes rencontrés par des industriels et participe à des recherches fondamentales. « Mieux comprendre ce qui se passe dans le verre, cela veut dire, par exemple, partir d'un éclat sur un pare-brise, remonter à la structure atomique du matériau pour comprendre comment, pourquoi et où s'est propagée la fissure ». Tel verre se déforme-t-il ou pas, de manière réversible ou non ? S'il coule, c'est à quelle vitesse, à quelle température et comment réagit-il en contact avec une pointe dure ? Les verres étudiés sont très variés, depuis les flacons de parfum, l'optique de précision, la fibre de verre, les écrans plats et les verres pour vitrocéramique, jusqu'aux optiques infrarouge pour la vision nocturne. Le verre biocompatible, qui sert comme implant et ne doit pas diffuser pas de particules dangereuses dans le corps humain, est aussi un sujet de recherche.

Ifremer, Saint-Gobain, Aérospatiale

Le Larmaur a collaboré avec l'Ifremer, mais également avec Thalès Microélectronique, le Commissariat à l'énergie atomique et les différentes branches de Saint-Gobain (2) . Pour Saint-Gobain, le Larmaur a étudié la mécanique de petites billes en céramique. Ces billes, utilisées pour le broyage de matériaux, doivent résister à de très hautes pressions, sans réagir chimiquement avec le fluide de broyage. « Nous avons expliqué pourquoi certaines billes broyaient mieux que d'autres ». Le laboratoire a également été partenaire d'Aérospatiale et de Snecma propulsion solide, pour caractériser des pièces de moteur en céramique, que l'on trouve désormais, améliorées, dans les tuyères d'avions Rafale ou de la fusée Ariane. Le verre et la céramique, que le Larmaur contribue à métamorphoser, ne sont décidément pas des matériaux comme les autres.

NG

Contact : Tanguy Rouxel, tél. : 02 23 23 67 18, tanguy.rouxel@univ-rennes1.fr
www.larmaur.univ-rennes1.fr

1 Laboratoire de recherche en mécanique appliquée de l'Université de Rennes.
2 Saint-Gobain est le leader mondial de la céramique. Le Larmaur collabore avec SG Isover (fibres de verre), SG Verre (verre à vitre, pare-brise, bouteille) et SG Céramique.


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Article publié en Juillet-Août 2006
dans Sciences Ouest n°234
 

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